Transports et mobilité
Les déplacements, un enjeu primordial
L'effet de serre s'impose désormais par l'ampleur jamais inégalée de ses impacts écologiques, économiques et sociaux comme l'une des principales priorités planétaires.
La reconnaissance par la communauté scientifique mondiale (rapport du GIEC, décembre 1995) de la réalité des modifications climatiques dues au renforcement de l'effet de serre d'origine anthropique, les grandes pollutions mondiales (pluies acides, trou dans la couche d'ozone) comme la révélation ces dernières années d'alertes à la pollution dans les grandes cités françaises sont des indicateurs infaillibles de la nécessité d'agir au plus vite au niveau local comme au niveau global. Les déplacements représentent aujourd'hui la 1ère cause des émissions de gaz à effet de serre : à eux seuls, ils représentent en effet plus de 25% de l'ensemble des émissions atmosphériques.
La loi sur l'air et l'utilisation rationnelle de l'énergie (décembre 96) a dégagé des outils et moyens d'intervention en définissant notamment l'obligation de réalisation :
d'un Plan Régional de la Qualité de l'Air (PRQA),
de Plans de Protection de l'Atmosphère (PPA)
et surtout des Plans de Déplacements Urbains (PDU).
Voir le site de la Direction régionale de l'industrie de la recherche et de l'environnement
Historiquement l'essentiel des efforts réglementaires et techniques a jusqu'à présent porté sur les secteurs de l'habitat et de l'industrie. Les déplacements représentent aujourd'hui la première cause des émissions de gaz à effet de serre : à eux seuls, ils représentent en effet plus de 25% de l'ensemble des émissions atmosphériques de CO2.
"Eléments fondamentaux des déplacements et de l'énergie" RAEE - 2007Déplacements, urbanisme : le couple indissociable d'une politique de développement durable
Depuis plusieurs dizaines d'années, les collectivités territoriales françaises ont massivement investi dans les transports en commun pour lutter contre l'engorgement des villes et son cortège d'impacts négatifs. Dans un premier temps, les premiers impacts identifiés étaient essentiellement environnementaux (pollution locale, puis globale,problèmes de bruit) de façon extrêmement liée aux consommations énergétiques insupportables pour la société française intégralement dépendante pour ses déplacements de l'origine pétrolière du carburant.Très rapidement la problématique s'est élargie aux impacts sanitaires, de nombreuses études démontrant aujourd'hui les conséquences tant entermes de morbidité (problèmes respiratoires, cardiovasculaires,neurologiques, etc…) que de mortalité pour les populations exposées (enparticulier les plus fragilisées, personnes en fragilité respiratoire, âgées ou jeunes, mais plus seulement elles et allergies).
L'allongementdes distances, l'occupation de l'espace public par les infrastructures routières, la structuration de la ville autour d'un accès majoritairement automobile s'accompagnent également d'incidences financières majeures sur les ressources publiques, renforcées par laconcurrence mondiale. On sait bien également l'avantage (tant spatial, de consommation d'énergie, financier et également d'image) que tirent les collectivités dans cette concurrence mondiale.
Enfin, la structuration des territoires essentiellement selon les axes routiers s'accompagne d'une pression financière qui s'autoalimente et entraîne un allongement toujours plus grand des distances, à la recherche précisément d'un foncier moins onéreux.
Dans ce cercle vicieux, des flux entiers de populations sensibles à l'image du pavillon et souvent en limite de leurs capacités financières se trouvent sur des périodes de crédit toujours plus longues prisonnières de leur logement dans un environnement souvent sous équipé en lieux publics et qui tend à se dégrader dans le temps.
Impacts environnementaux, sanitaires, économiques, destructuration de la ville, impacts sociaux, on mesure mieux aujourd'hui la complexité de la question des déplacements.

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La réponse du développement durable pour la mise en place d'une éco-mobilité
Le développement durable apporte une méthode et un contenu précieux pour tenter de résoudre progressivement la problématique des déplacements. Le développement durable invite dans un premier temps à se préoccuper des causes et chercher à répondre à l'origine des problèmes constatés.Bien au-delà de l'indispensable développement des transports en commun, le développement durable propose dans une toute nouvelle approche qui vise à s'attaquer aux causes des déplacements motorisés individuels. Le développement durable propose donc un travail de fond sur l'urbanisme par une recherche constante d'une densité renforcée et par une mixité des fonctions de la ville.
"Se déplacer autrement - 27 initiatives européennes remarquables en matière d’éco-mobilité dans les lieux touristiques" RAEE - 2007La proximité aux différentes activités des populations importantes contribue inévitablement à réduire les déplacements motorisés. On n'est pas en la matière dans le domaine de la fiction puisque de nombreux exemples existent en Europe (aux Pays-Bas, au Danemark ou en Norvège) qui ont mis en œuvre de telles politiques.
Le développement des transports en commun ne vient seulement qu'après cette recherche de maîtrise des causes pour offrir une alternative crédible (rapide, peu onéreuse, sûre, confortable, moderne) aux déplacements automobiles. Il doit nécessairement s'accompagner d'une information et d'une véritable sensibilisation de masse des populations pour faire connaître et convertir les usagers jusqu'à présent dépendants de la voiture.
Le travail repose sur des éléments de planification élaborés avec les gestionnaires des déplacements et de l'aménagement de l'espace, mais aussi avec les populations dans une démarche de concertation, support d'enrichissement du projet et meilleure garant de réussite des solutions finalement retenues.
Pour aller plus loin : www.transportlearning.net
Loi sur l’air et utilisation rationnelle de l’énergie et PDU
Conformément à la Loi sur l’Air et l’Utilisation Rationnelle de l’Energie et la Loi SRU, le Plan de Déplacements Urbains (PDU) est un cadre de réflexion et de proposition de principes pour la réorganisation de l’ensemble de nos déplacements à l’horizon 2010.Les orientations générales des PDU portent sur :
la sécurité de tous les déplacements,
le rééquilibrage de l’aménagement des voiries entre autos, piétons, bicyclettes et transports collectifs
la diminution du trafic automobile
l’organisation du stationnement
la réorganisation du transport et de la livraison de marchandises
la création de plans de mobilité pour les collectivités et les entreprises
La mise en place des PDU concerne les agglomérations de plus de 100 000 habitants, mais peut être une démarche volontaire de groupement des collectivités et vise les objectifs essentiels que sont :
- la protection de l’environnement
- la santé publique
avec la diminution des nuisances urbaines principalement liées aux déplacements : pollution, bruit, insécurité routière.
La LAURE a proposé un cadre minimal en ce sens que les collectivités ont la capacité d’élaborer des PDU Volontaires (PDU-V).
Le PDU-V dépasse le cadre de base de la loi en ce sens qu’il cherche à quantifier en terme d’émissions de gaz à effet de serre les solutions proposées. L’approche est complètement différente d’une approche « classique » de type PDU puisqu’elle permet aux politiques de hiérarchiser les mesures proposées selon cette recherche d’une réduction des impacts dûs au changement climatique. Au préalable, le PDU-V pose précisément au préalable la recherche affirmée d’une densité et d’une mixité.
Ainsi, un PDU-V cherchera dans un premier temps à recenser les besoins en matière d’urbanisme du territoire dans le cadre d’une stratégie de développement conçue selon les objectifs du développement durable. Les ressources disponibles, la nature du foncier et les caractéristiques physiques et démographiques du site, permettront d’expérimenter un mode de développement urbain compatible avec une maîtrise des besoins de déplacements motorisés.
On sait bien désormais dans le domaine de l’écomobilité que la mobilisation de la population passe par différentes phases :
mise en œuvre à une échelle très significative d’actions innovantes et concrètes (dans le domaine des infrastructures, des équipements et du service)
mise en place concomitante d’une vaste campagne d’information / implication / sensibilisation de la population pour faire connaître et utiliser les installations
et association préalable de l’ensemble des parties prenantes et en particulier de la population dans la conception et la mise en œuvre des actions d’écomobilité (développement des transports en commun, de la marche et du vélo).
Ainsi, l’élaboration d’un PDU-V passe nécessairement par une concertation étroite avec un comité de pilotage réunissant la population, des associations, des représentants des commerçants, des représentants des établissements scolaires, des responsables d’aménagement, etc…
Les véhicules alternatifs
La loi du 30 décembre 1996 a introduit par ailleurs un certain nombre de mesures en faveur des véhicules propres :Le remboursement de la Taxe Intérieure sur les Produits Pétroliers pour le GPL et de la Taxe Intérieure de Consommation sur le Gaz Naturel pour Véhicules, pour les exploitants des réseaux de transport public de voyageurs et pour les exploitants de taxis dans une certaine limite ;
L'extension de la possibilité d'amortir exceptionnellement l'achat de véhicules fonctionnant exclusivement à l'électricité, au GPL ou au GNV ;
L'exonération de la totalité de la taxe sur les véhicules de société fonctionnant exclusivement aux carburants gazeux, et d'un quart pour les véhicules fonctionnant alternativement aux carburants classiques et aux carburants gazeux ;
L'obligation lors du renouvellement des flottes publiques d'acquérir un certain nombre de véhicules propres. La représentation des véhicules propres dans les flottes publiques. L'article 24 de la loi sur l'air impose en effet l'achat de véhicules propres pour le renouvellement d'un parc à hauteur de 20% de ce renouvellement.
La charte pour le développement de la filière superethanol E85 signée le 13 novembre 2007 en France va permettre la commercialisation du premier carburant de l'après pétrole le Superéthanol qui bénéficie de la défiscalisation actuelle applicable au biocarburant incorporé dans du Superéthanol sans plomb.Rapport sur la définition et implications du concept de voiture propre 14 décembre 2005 qui vise à :
Définir le concept de voiture propre et ses implications pour les voitures du futur en prenant en compte les équilibres énergétiques, la place de l'automobile dans l'économie, l'évolution du marché et de la demande des consommateurs;
Progresser vers un écobilan de la voiture en prenant en compte sa phase de fabrication, son usage et sa phase de démolition, la première comme la dernière étape n'étant pas à négliger;
Définir l'impact sur la santé et le climat;
Rechercher des solutions technologiques aux problèmes posés par l'automobile.
Avec l'augmentation du prix des énergies fossiles, la question d'alternatives au pétrole se pose désormais avec force. Depuis l'annonce fin 2006 en France d'une volonté d'accompagnement des carburants alternatifs, l'offre en carburants alternatifs en station qui les distribuent et en véhicules commence à s'élargir. Il est ainsi possible de commencer à s'équiper avec une offre partielle et un accès parfois très réglementé en véhicules utilisant du superéthanol (E85), du GNV ou des véhicules hybrides, du B30 ou des huiles végétales pures (HVP) pour les collectivités exclusivement.

Dans cette offre un peu élargie, les carburants/véhicules alternatifs doivent néanmoins absolument être replacés dans leur contexte et à leur juste place.
En effet, une réduction des besoins de mobilité passe d'abord par une prise en compte du développement durable dans l'aménagement du territoire : c'est ce travail en amont sur les causes et besoins de déplacement qui permettront à terme de réduire de façon pérenne et significative les déplacements motorisés individuels.
Dansle même temps, il est indispensable d'optimiser l'existant (les lignes de transports en commun par exemple), les ressources financières des territoires étant aujourd'hui très limitées. La planification et les démarches volontaires sont une voie permettant de travailler avec l'ensemble des parties concernées et sur les gros générateurs de flux de déplacement en mettant en œuvre concrètement des alternatives pratiques, séduisantes, compatibles et rapides de transports.
L'éco-conduite (conduite douce), le choix d'un véhicule économe, le co-voiturage et l'auto-partage sont de même autant de façons de contribuer à la réduction des déplacements motorisés individuels et à leurs impactsnégatifs.
Enfin seulement, l'utilisation des carburants/véhicules alternatifs est une façon, si la voiture demeure un mode de transport indispensable, de réduire ses impacts. Encore convient-il que les carburants/véhicules alternatifs motorisés utilisés ne soient pas pires que ceux auxquels ils se substituent. Depuis mi 2007, avec l'émergence d'une nouvelle offre alternative, la question de l'éco-bilan des carburants alternatifs se pose à juste titre.
Ainsi, Rhônalpénergie-Environnement travaille dans le même temps non seulement en développant toute cette chaîne de réduction des déplacements motorisés (urbanisme, planification, éco-conduite, jusqu'aux carburants alternatifs, en considérant que ces derniers doivent répondre à un cahier des charges de qualité :
ne pas entrer en concurrence avec les denrées alimentaires
ne pas présenter une efficacité énergétique <1
ne pas nécessiter des apports de pesticides, d'eau ou d'engrais artificiels, ni mettre en œuvre des pratiques agricoles destructrices ou utiliser d'OGM
ne pas entraîner sans compensations réelles de réduction la biodiversité
être produit le plus localement possible pour garantir ces conditions.
Pour aller plus loin : http://www.sugre.info
Les Plans de Déplacements (PDES/PDE)
Avec la flexibilité du travail et l'équipement des ménages en véhicules, les déplacements s'inscrivent de plus en plus dans des chaînes complexes où certains maillons conservent un rôle déterminant. C'est le cas par exemple des déplacements domicile-travail (25 à 30% des déplacements - Plans de déplacement entreprises ou PDE) et des déplacements domicile-établissements scolaires (sans doute de l'ordre de 15 à 20% des déplacements - Plans de déplacements établissements scolaires ou PDES). La majorité des personnes qui en outre se sont rendues vers l'établissement scolaire en voiture (tendance croissante en France) poursuivent ensuite vers une autre activité, essentiellement le travail.Réussir à sensibiliser le premier maillon domicile-école a donc un sens lourd dans la modification des pratiques : cela peut concrètement se traduire par la suite par une modification du mode de déplacement vers l'activité suivante. La prise en compte des déplacements depuis et vers l'établissement scolaire est donc un maillon indispensable pour réduire les déplacements automobiles.
A cette fin, la mise en place de PDES (Plans de déplacements pour établissements scolaires) est un excellent vecteur de sensibilisation de l'établissement scolaire concerné et de sa communauté au sens large (élèves, équipe pédagogique, riverains, parents d'élèves, associations et collectivités locales). Comme tout plan, le PDES dresse l'état des lieux de la situation initiale, définit des objectifs et propose des solutions concrètes d'amélioration. Il est élaboré en étroite concertation et ne nécessite pas d'études techniques lourdes. Il s'agit surtout de constater ensemble des dysfonctionnements à une échelle suffisante pour décider des solutions à mettre en œuvre pour y remédier.
Les réponses apportées par les PDES peuvent être très variées :
mise en place d'une simple information sur l'éco-mobilité aux parents et/ou aux élèves
échanges avec d'autres élèves/établissements scolaires
animation/formation à l'éco-mobilité en classe
mise en place de journées test, d'évènements, de fêtes, d'expérimentations sur une période déterminée
mise en relation des parents pour l'organisation de co-voiturage (affichage à l'école, tableau d'inscription,…)
mise en place de pédibus ou de vélobus
lancement d'enquêtes, d'études, par les élèves
conception d'aménagement, d'infrastructures de sécurisation, etc…
de nouveaux guidesméthodologiques, supports de communications et documents pédagogiquespour mettre en oeuvre l'écomobilité en particulier en milieu scolaire : www.areneidf.org/transport/marcheversecole-outils.html
Rôle de Rhônalpénergie-Environnement sur les "Transports et la mobilité"
Rhônalpénergie-Environnement accompagne les acteurs du développement durable en Rhône-Alpes dans leurs démarches globales ou spécifiques comme ici en matière d'éco-mobilité. A cette fin, Rhônalpénergie-Environnement propose :une information sur l'éco-mobilité
une formation et la mise à disposition des supports,
la mise en place de sites Internet d'échanges
l'accompagnement des acteurs sur le terrain pour la mise en place de PDU-V ou PDES
l'animation de réseaux sur l'éco-mobilité
Contact animation :Laurent Cogérino, chargé de mission Développement durable et éco-mobilité : laurent.cogerino@raee.org
- tél : 04 78 37 29 14 - fax : 04 78 37 64 91 - courriel : raee@raee.org
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